La formule de Drake / L

 

N = R x fp x ne x fl x fi x fc x L


Tout comme les paramètres FI et FC, la valeur de L nous est complètement inconnue. L, qui représente le taux de la durée de vie moyenne d'une civilisation capable de communiquer par ondes radio. Ces facteurs, autant scientifiques que sociologiques, sont dans l'équation de Drake un grand sujet d'incertitude et font l'objet de nombreux débats. Pour beaucoup d'astrobiologistes, il serait assez naïf de supposer que l'évolution d'une forme de vie sur un autre monde doive nécessairement donner naissance à une forme d'intelligence telle que nous la connaissons sur Terre. L'évolution est imprévisible et surtout très chaotique. Nous devons garder à l'esprit que nous ne sommes pas l'aboutissement ultime de l'évolution de l'Homo Sapiens et que bien malgré nous, nous continuons à évoluer. Pour beaucoup de scientifiques, nous devons l'apparition de l'espèce à de nombreux facteurs, et il n'est vraiment pas certain que si nous repartions de zéro, le résultat soit identique. Bien entendu, la recherche ne se focalise pas sur la recherche d'Homme extraterrestre. Peu de personnes s'attendent à trouver des Hommes parmi les étoiles. Le problème est que si une forme de vie quelconque évolue si intelligemment qu'elle devient capable d'utiliser des outils, de manipuler l'information et de s'organiser en société pour finalement découvrir les principes qui régissent son environnement, il nous faudra prendre en compte certains paramètres. Ainsi sur Terre, l'Homme est issu du singe et non pas par exemple de la pieuvre ce qui prouve que différents niveaux d'intelligence et de comportement peuvent émerger indépendamment et que des espèces totalement différentes n'évolueront pas dans le même sens. Pour de nombreux scientifiques il ne fait aucun doute qu'il n'y a aucun modèle général de l'évolution capable d'en dessiner la finalité. Notre notion de penser que l'accroissement de la diversité biologique aboutisse nécessairement à l'augmentation de nos aptitudes mentales est un grand tort. Si certains animaux plus jeunes sont plus grands, plus intelligents que n'importe quelles autres formes plus anciennes, c'est uniquement dû au hasard. Dans le cas de l'homme, il est indéniable que plus nous évoluons, plus nos capacités intellectuelles se développent, mais rien ne nous laisse penser que l'augmentation de notre intelligence soit le signe inévitable de l'évolution biologique. Certains biologistes et autres partisans du SETI estiment qu'une plus grande intelligence permet à une espèce de survivre et de se développer par la sélection naturelle. Mais d'autres personnes pensent que nous sommes trop optimistes au sujet de l'émergence d'une forme de vie intelligente extraterrestre. Le plus étrange, c'est que les optimistes et pessimistes basent leurs conclusions sur les mêmes observations. C'est-à-dire sur notre propre exemple. Les pessimistes, qui préfèrent être appelés les réalistes, ne voient dans notre développement que des improbabilités, alors que pour les optimistes, notre développement renforce leur croyance dans l'existence de civilisations extraterrestres. La Terre a plus d'un milliard d'années de vie plus ou moins tranquille devant elle avant que le gonflement du Soleil ne provoque une hausse des températures si brutale que toute vie sous la forme telle que nous la connaissons actuellement soit détruite. C'est plus de deux fois le temps nécessaire aux simples créatures rampantes pour sortir de la mer pour finalement conquérir la terre. Si l'émergence d'une quelconque forme d'intelligence était si difficile et tellement rare, les optimistes estiment qu'elle ne serait probablement pas arrivée si tôt par rapport à l'évolution de notre planète. On peut donc logiquement s'attendre que d'ici plusieurs millions d'années, des créatures émergeront et seront dotées d'une intelligence peut-être complètement différente de la nôtre. Cet argument repose entre autres sur l'émergence rapide des micro-organismes sur la jeune Terre. Les pessimistes répondent que nous ne connaissons pas réellement les conditions que connaîtra la Terre à plus longue échéance. Son climat apparemment stable peut très bien résulter d'une série de hasards chanceux s'étalant sur plusieurs milliers d'années. Si nous sommes apparus si tard par rapport au laps de temps qui s'est écoulé jusqu'aujourd'hui, et que nous sommes là à considérer la question, suggère simplement que l'apparition de l'intelligence soit un événement très improbable. Aussi étrange que cela puisse paraître, les deux camps acceptent les principes énoncés par Copernic qui clame que le genre humain n'a besoin d'aucune position particulière dans le temps et dans l'espace pour évoluer. Les sceptiques disent qu'il est anthropocentrique de croire que le même type d'intelligence humaine est apparu partout dans l'univers. Drake, lui, n'est pas disposé à accepter notre unicité parce que cela placerait Copernic sur un piédestal.


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